AOMS : Archives Ouvertes pour Matériaux Scientifiques
L’annonce faite par Dan Cohen de l’association entre Zotero et Internet Archive pour la création de Zotero Commons (“The Zotero-IA alliance will create a “Zotero Commons” into which scholarly materials can be added simply via the Zotero client.” nous dit Dan Cohen) est très intéressante car elle (re)place les matériaux de recherche (carnets de terrains, carnets de notes, documents numériques, etc.) dans le monde des Archives Ouvertes. Ces dernières prendront peut-être à cette occasion un nouveau sens. Bien sur, il y a plein de problèmes à résoudre dans ce type de projets : la question des droits (cruciale, pour documents visuels dont le statut - à la prise de vue - est souvant flou ou mal défini), l’utilité de proposer tel ou tel document (pertinance), le rôle des intermédiaires ou “rouages classiques” entre les chercheurs, les étudiants et le grand public que sont les bibliothèques et centres de documentation.
Dans mon domaine, les Sciences Humaines et Sociales, les matériaux ayant été utilisés par les chercheurs pour leurs recherche sont très souvant publics, libres de droits ou en passe de le devenir (il suffit de faire de bonne convention avec les institutions dépositaires ou d’attendre…) et donc archivables dans une Archive Ouverte pour Matériaux Scientifiques (ou AOMS). C’est ce que nous tentons de construire, du moins de préfigurer avec le Centre National pour la Numérisation de Sources Visuelles et avec le soutien du TGE ADONIS et du département SHS du CNRS. Au CN2SV, nous travaillons avec desbibliothèques, des centres de documentation, des services d’archives autour d’une triplette “archives - recherche - informatisation des données” définie par ma collègue Christine Blondel, historienne des sciences et chercheur au CNRS. Notre plateforme AOMS fonctionne depuis un an et nous préparons la prochaine version. Il nous faudra encore beaucoup de travail pour syndiquer nos métadonnées, respecter ou créer de nouveau standards, mais je suis très content ces projets naitre et ce, dans plusieurs pays.
Ces projets permettront d’accroitre les échanges entre les scientifiques. Ils permettront aussi d’améliorer les méthodes et outils pour la conservation de nos fragiles documents numériques et ils seront les structures de conservation des matériaux des historiens du futur.
Bonne année 2008, à bientôt,
Stéphane.
Publié le 5 janvier 2008 dans digital humanities et archives.
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