sp.Blog

le blog de Stéphane Pouyllau

Étiquette : science

Structurer les humanités numériques

Alors qu’au THATCamp de St Malo une partie de la « non-communauté » des humanités numériques structure une association francophone, la professionnalisation de ce mouvement s’accélère. Lors du dîné d’hier soir la nécessité d’une revue augmentée est apparue évidente (en tous cas pour moi). Une revue augmentée est une revue où il est possible de publier dans les articles, ou à coté des articles, des données, des programmes, des codes, qui permettent aux lecteurs de suivre le cheminement méthodologie en ayant les moyens de reproduire les démonstration, du moins de tester des choses. Pour illustrer cela, je vous invite à consulté la revue IPOL Journal que j’ai récemment découverte lors des journées Frédoc2013 d’Aussois. Je trouve cela très stimulant ! D’autant que la discussion d’hier soir a jeté les bases de la structure de la revue qui pourrait être éditée par l’association et la question de la place d’articles n’ayant pas une écriture académique a été abordée. Rubriques, cahiers, n° spéciaux, beaucoup de choses sont possibles je pense, et j’y contribuerai avec joie.

Les THATCamps sont des moments assez uniques ou les personnes s’agrègent le temps d’un « week-end » ou plus pour partager leur vision des humanités numériques/digitales. Il y a déjà des comptes-rendus en ligne, dont celui de Camille Bosqué, doctorante à Rennes2 travaillant sur les FabLab, qui a su très bien saisir par le dessin, un moment de l’atelier définissant la constituante de l’association.

Stéphane.

La communauté française des digital humanities

THATCamp Paris 2010, sur la Baleine blanche - Crédits : Elodie Picard / CC

Après deux jours d’ateliers, démos, débats, discussions le THATCamp Paris 2010, la non-conférence sur les digital humanities, lance le Manifeste des digital humanities. Ce texte, fondateur de la communauté des digital humanities en France est très important. Il a permis tout d’abord de répondre à la question posée dans le THATCamp : « voulons-nous travailler ensemble ? ». La réponse est largement positive à mon sens.

Ce besoin de travailler ensemble est partagé par tous, et nous avons vu qu’il dépasse bien évidement les cadres institutionnels actuels. C’est une vision personnelle, mais ces derniers me semblent peu adaptés au développement d’une communauté qui a conscience que les actions locales se font mieux si elle s’appuient sur des structures nationales mutualisées (ex. grilles de calcul, infrastructures d’hébergement de données, services d’archivage de données numériques). J’invite tous les lecteurs de ce blog, qui soient ou qui se sentent acteurs des digital humanities à signer ce Manifeste qui pose les bases claires d’une communauté se donnant des objectifs précis.

Je pense en particulier aux documentalistes qui sont dans les laboratoires de recherche des sciences humaines et sociales, et dont certains étaient au THATCamp Paris 2010, mais que je trouve toujours trop absents de ces moments de réflexion sur l’évolution des métiers, méthodes, etc. Les documentalistes font un travail de production sur le terrain très important. Au delà des centres de documentation et des bibliothèques de recherche, certains coordonnent réellement des projets de recherche sur le plan documentaire et donc sont pleinement dans les problématiques dont nous avons discutées lors de ces deux jours.

Par exemple, le point 14 du Manifeste propose de construire, de façon itérative, des cyberinfrastructures correspondant à des besoins réels. Voici un chalenge difficile, pris entre les intérêts des économies locales de la recherche proches des chercheurs (Universités, Maisons des sciences de l’homme par exemple) et ceux « inter-nationaux », européens par exemple, pourtant nécessaires mais complexe à comprendre tant il est difficile pour un chercheur de s’y projeter.
Un exemple a été pris par Got sur les questions de l’archivage des données numériques (la mémoire du XXIe siècle). Il faut accepter de faire confiance à une autre institution, à une autre personne, pour archiver ses propres données, issues d’une collecte qui a pu prendre, parfois, toute une vie. « Accepter de faire confiance » c’est avant tout reconnaitre que l’on est pas compétent pour traiter tel ou tel sujets, ou techniques, ou méthode. Cela ne veut pas dire que l’on va perdre « la main » sur les données (les mécanismes de contrôle d’accès existent et sont fiables). Cela ne veut pas dire non plus qu’il ne faut pas tenter de comprendre (loin de moi l’idée de saucissonner les métiers et les taches), mais c’est reconnaitre qu’à un moment, il faut accepter de faire 10 à 15% d’un travail pour lequel l’on ne sera pas reconnu, qui ne comptera pas dans son évaluation personnelle, afin de transmettre à un autre de l’information afin qu’il l’archive, la traite, l’édite, la valorise, la distribue, etc. et vous la repasse parfois pour en faire autre chose. C’est l’un des enjeux majeur du Manifeste selon moi. Les cyberinfrastructures seront ce que nous en ferons, pour cela il faut accepter de faire 10 à 15% du chemin vers le collègue (l’ingénieur ou le chercheur) qui a une ou plusieurs compétences et donc qui a un Métier. C’est aussi considérer que ce qu’il fait est égal à ce l’on fait. Publier un article dans une revue de rang A est égal à concevoir un logiciel permettant de calculer des résultats à partir de données : la seconde tache permettant de faire la première, la première est dépendante de la seconde et la seconde sans la première dans pas de finalité réelle (exception faite pour les questions d’archivages).

Pour moi, il s’agit là d’une formidable aventure que la communauté des digital humanities, rassemblée autour du Manifeste, doit mener.

Crédits photos : Elodie Picard/CLEO-Revues.org – Licence Creative Commons : Attribution-NonCommercial-NoDerivs 2.0 Generic

digital humanities in Orleans

Bonjour,

Tout en préparant un billet (depuis noël, aie aie aie) sur un outil d’encapsulage des méta-données dans une image avec les possibilités offertes par le format XML couplé à du Dublin Core, j’ai eu l’honneur d’intervenir dans le séminaire de recherche sur l’édition électronique et les digital humanities nouvellement créé par Richard Walter à l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes du CNRS (Orléans). J’ai partagé la première séance de ce séminaire avec Michel Jacobson (DAF ; CNRS), responsable du Centre de Ressources pour la Description de l’Oral (Paris), un centre de ressources numériques du CNRS au même titre que celui que j’anime sur les données iconographiques. Un compte-rendu de ce séminaire a été écrit par Constance Krebs dans son blog amontour.net. Les digital humanities « à la française » comme dirait lou burnard avancent encore un peu, se structurent, réfléchissent et je pense dans le bon sens.
A bientôt pour parler XMP, Dublin Core et Perl.

Stéphane.

Encyclopédie médicale en ligne

Bonsoir,

Les encyclopédies en ligne alimenté par des internautes éclairés se multiplient de plus en plus, après KNOL (on dit « Nole »), lancé par Google, voici : Medpedia. Une future encyclopédie médicale en ligne construite sur le modèle de wikipédia (pour le wiki) mais alimenté par des professionnels : « but written and edited only by trained professionals » et dont l’ouverture est annoncée pour la fin 2008. Réalisée en partenariat avec Harvard Medical School, Stanford School of Medicine, University of California Berkeley School of Public Health et University of Michigan Medical School, cette plateforme propose des exemples sous la forme de captures d’écran. Le contenu des articles sera sous licence GFDL (GNU Free Documentation License). Affaire à suivre.

Stéphane.

science et correspondances : un blog pour les réseaux de savants

Quand les chercheurs utilisent les blogs cela peut donner ceci : Le Projet Correspondances.

Le « Projet Correspondances » est un projet de recherche international porté par mon laboratoire qui :

« vise à l’étude de correspondances entre savants européens des 17ème-20ème siècles, en particulier à travers l’utilisation d’éditions électroniques. Qu’apporte une édition électronique par rapport à une édition papier ? Quelles sont les difficultés et les contraintes d’une version électronique ? Quels outils mettre en oeuvre ? Quelles nouvelles recherches peuvent être menées ?

Un groupe d’historiens et informaticiens, français et étrangers, travaillant à l’édition de correspondances (D’Alembert, Ampère, les Bernouilli, Buffon, Euler, Lavoisier, Poincaré, Valisneri,… ) se réunit régulièrement au Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques (UMR CNRS 8560) pour travailler sur ces questions. Ce groupe s’est donné comme premier objectif de réfléchir à l’élaboration d’outils les plus communs possibles pour l’édition électronique : constitution des bases de données, modèle commun pour rendre les différentes correspondances visibles sur internet via l’OAI (Open Archive Initiative, voir www.openarchives.org), outils d’édition, etc. »

Je trouve très intéressant ce type de site car il permet – à peu de frais et très rapidement – de présenter et de « souder » une équipe inter-structures autour du contenu d’un projet. Certains diront qu’il est difficile de faire écrire les chercheurs directement dans un blog… Ceci est vrai si le format blog est présenté comme un substitut à une édition électronique ou, pire, papier. Or là, point de concurrence entre publication et blog, nous avons un support rapide (notez que je parle par de média) permettant à un groupe d’accrocher réflexions, analyses, notes de réunions, référentiels, guides de bonnes pratiques, etc. Nous sommes loin de l’image des chercheurs travaillant dans leurs coins, ne diffusant rien de leurs travaux, etc.

Stéphane.

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén