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Retour sur le colloque « Nouvelles archives numériques au Proche-Orient : le son, l’image, le film et le web »

J’ai participé au colloque « Nouvelles archives numériques au Proche-Orient : le son, l’image, le film et le web » organisé à Beyrouth par l’Institut français du Liban, des universités Aix-Marseille Universitéet l’Université libanaise, laMaison méditerranéenne des sciences de l’homme(MMSH) et l’Institut français du Proche-Orient. Le thème du colloque m’a plongé pendant quelques jours sur les méthodes de constitution des matériaux de recherche issus des terrains des historien·nes, géographes, archéologues, sociologues et ethnologues.

Ouverture du colloque « Nouvelles archives numériques au Proche-Orient : le son, l’image, le film et le web » à la bibliothèque nationale du Liban — Photo S. Pouyllau, 29 mai 2019.

Le programme, très riche, m’a fait pas mal réfléchir sur les besoins méthodologiques et d’outillage pour les chercheurs et doctorants. C’est encouragement et une piqure de rappel, du terrain, pour un travail un peu réflexif sur ce que nous avons monté depuis 10-15 autour des infrastructures de recherche (OpenEdition, Huma-Num, etc.). Les « nouvelles archives » (matériaux des réseaux sociaux, vidéos Youtube, sites Web, etc.) sont des traces fragiles : en raison des politiques des plateformes, en raison des techniques utilisées pour les construire mais aussi et enfin en raison des pratiques des chercheur·es (gestion de leurs stockages, de leurs bases de données, etc). 

Conférence introductive de Carla Eddé.

Elles sont fragiles aussi — naturellement, par les aléas politiques et géopolitiques d’une région complexe. En ce sens la conférence très dynamique de Carla Eddé (historienne et vice-rectrice pour les relations internationales à l’Université Saint-Joseph) sur « Archives, mémoire, histoire » a très bien montré la construction actuelle (et la non-construction) de la mémoire du Liban contemporain, de la mémoire de la guerre civile du Liban (1975-1990) autour de la question « des gouts de l’archive » dans le Liban d’aujourd’hui. En ce sens j’y ai vu des connexions avec le programme de recherche « Le goût de l’archive à l’ère numérique ».

La fragilité des données numériques et leurs mises en archive, ont été particulièrement bien illustrés par les communications de Cécile Boex (EHESS, Césor) sur « Archiver les vidéos vernaculaires de la révolte et du conflit en Syrie : enjeux éthiques et politiques » et Zara Fournier (doctorante en géographie à l’université de Tours, labo CITERES) sur « Désirs d’ailleurs et d’avant : les militants de la mémoire et le Web au Sud du Liban ». En conclusion, la question de la compréhension et de la maitrise des méthodes numériques pour la bonne gestion des données de terrain, mais aussi la compréhension des interconnexions des outils forgés a été très bien résumée par Kamel Doraï, directeur du département des études contemporaines de l’Ifpo. 

Ponctué de projection de film, dont l’impressionnant « Tadmor » de Monika Borgmann et Lokman Slim (bientôt en salle à Paris). J’espère que le colloque donnera lieu à une publication d’actes, ou des enregistrments qui ont été effectué par Jean-Christophe Peyssard (Ifpo) et Véronique Ginouvès (MMSH).

Le programme détaillé du colloque est disponible sur le site : https://nanpo.sciencesconf.org.