Le Centre André Chastel (Université de Paris-Sorbonne, Paris IV, CNRS, Ministère de la Culture et de la Communication) propose une édition électronique de la correspondance d’Eugène Delacroix (1798-1863). Accessible sur le site www.correspondance-delacroix.fr, le site est très clair et fonctionnel : il y a un moteur de recherche, un index des noms de personnes, des liens offrent la possibilité de naviguer dans le corpus. La visualisation des lettres est aussi très intéressante : fac-similés (flash, mais visualisation de l’image jpg sous ipad par exemple), transcriptions, notices biographiques, annotations, etc. Le projet semble très bien mené et rentre dans le mouvement des éditions électroniques de correspondances (littéraires, scientifiques, etc.). Ce projet a été financé par l’Agence nationale de la recherche en 2006 (appel Corpus).

On peut cependant regretter d’avoir à faire à un site « clos ».

Je m’explique : les éditeurs ont conçu un site très riche et bien pensé, mais ils n’ont pas mis en place de politique de flux de diffusion (RSS, Atom) permettant par exemple de suivre, depuis un outil de veille, les mises à jour des annotations afin de suivre les débats des spécialistes. C’est dommage car le site se veut vivant : « …grâce à la mise en ligne, [les transcriptions et annotations] seront toujours susceptibles de modifications et d’ajouts » est-il précisé dans la présentation du projet. Quel est le système de transcriptions qui a été utilisé ? Text Encoding Initiative ? Nous ne le savons pas : c’est dommage car cela aurait marqué un peu la préoccupation des éditeurs en matière d’archivage des transcriptions (même si TEI n’est pas parfait, c’est déjà au moins du XML). Autre manque : alors qu’un effort a été visiblement fait pour rendre citable les url des lettres (indépendance des liens vis à vis du système de publication), il n’est pas fait état d’un hypothétique entrepôt OAI-PMH permettant de moissonner les métadonnées des lettres de Delacroix afin de les diffuser dans les portail tel OAIster, Gallica ou ISIDORE, comme c’est le cas pour les correspondances d’André-Marie Ampère ou encore Buffon. Est-ce une volonté des éditeurs ? un oubli par manque d’information (OAI-PMH reste tout de même assez mal connu) ? Je ne sais pas. Mais, je pense qu’il est toujours dommage de ne pas disséminer les contenus d’une édition électronique d’une œuvre scientifique, littéraire ou artistique vers des portails thématiques ou disciplinaires afin de communiquer plus largement les sources de la recherche et de les rapprocher d’autres ressources. Globalement, le corpus est certes utilisable mais est-il réutilisable ? Je l’espère. En tout cas, il me tarde de voir signaler les échanges épistolaires d’Eugène Delacroix dans ISIDORE (qui contient déjà 256 ressources sur ce dernier).